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Ce que les commerçants attendent des maires

Table ronde Ajpme du 5 mars sur ce que les commerçants attendant des maires

Gestion du quotidien, mais aussi déploiement d’un écosystème favorable au commerce… Les attentes des commerçants sont nombreuses, à l’occasion des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Retour sur la table ronde organisée par l’Ajpme le 5 mars sur le sujet.

Le 5 mars 2026, Bertrand Ollivier, maire de Joinville (Haute-Marne), Loïc Rousse, gérant d’un magasin Culinarion à Orléans, Olivier Urrutia, président de la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA), qui regroupe 52 000 points de vente, et Alexandre Salaün, président de Comm’une Opportunité, plate-forme de mise en relation entre collectivités et porteurs de projets de commerce, sont venus échanger avec les journalistes de l’AJPME au sujet de « ce que les commerçants attendent des maires ». 

Les attentes sont nombreuses et diverses, ont montré les échanges. Tout d’abord, il y a celles qui concernent le quotidien du commerçant. Facilité de livraison – ou pas-, bonne accessibilité des clients aux boutiques, tenue des événements dans la ville… A Orléans, où se tiennent chaque année 300 événements, par exemple, « C’est une chance pour les commerçants, mais ce sont aussi des rues fermées, des flux déplacés et nous ne sommes pas consultés », témoigne par exemple Loïc Rousse.  

D’autres attentes des commerçants dépendent d’une politique structurelle de la ville : sa stratégie en matière d’urbanisme commercial, bien sûr, mais aussi, sur des enjeux qui dépassent le seul cadre du commerce. Comme le logement : « Vous pouvez mettre des commerces en centre-ville, mais s’il n’y a pas d’habitants pour consommer, cela ne sert à rien ! », souligne Olivier Urrutia.

Manager de centre-ville

Dès son premier mandat, à partir de 2006, Bertrand Ollivier a mis sur pied une politique de revitalisation de la ville qui conjugue ces différentes dimensions. A son arrivée, « le centre-ville et ses commerces étaient en déshérence », se souvient-il. 20 ans d’efforts plus tard, une dynamique commerciale est enclenchée. Des restaurants affichent complet. Il y a quelques mois, l’enseigne de supermarché Lidl s’est implantée, ainsi qu’un Mac Do, pour la restauration rapide. Depuis peu, la ville s’est dotée – grâce au financement de la Région – d’une manager de centre-ville, chargée d’animer les relations avec les commerçants. L’enjeu de la qualité du dialogue entre élus et commerçants est essentiel.

Loïc Rousse, regrette le caractère « musclé » du dialogue entre l’association des commerçants et la mairie qui ne permet pas de trouver des solutions aux difficultés du quotidien.  

Quant aux aspirants commerçants qui recherchent un projet sur sa plate-forme, Alexandre Salaün est formel : « le coté réactif de la commune qui fait des efforts, lui montre le bien commercial, lui fait visiter d’autres commerces, l’introduit dans le tissu économique local, est vraiment apprécié ».

Anne Daubrée