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Les PME face à l’indispensable adaptation au changement climatique

Photo d'inondations
Les aléas climatiques rendent indispensables l’adaptation des PME aux risques climatiques

Le coût des aléas climatiques ne cesse de croître pour les PME. Mais ces dernières restent peu nombreuses à mettre en place de véritables stratégies d’adaptation. Parmi les pionnières, Atalu, PME spécialiste de la menuiserie extérieure en Alsace. 

Le 4 juin, Laurianne Hoarau, cheffe de projets transition écologique à la CCI Essonne et Paris Île-de-France, Julien Rohmer, président d’Atalu, PME spécialiste de la menuiserie extérieure et  Kim Tworke, chargé de coordination climat à Bpifrance, la banque publique d’investissement, sont venus échanger sur ce sujet crucial avec l’AJPME : « Indispensable adaptation au changement climatique : les PME font-elles face ? ».

L’enjeu est majeur, confirme Kim Tworke, car « avec l’augmentation du nombre d’aléas climatiques et l’accroissement de leur intensité, les entreprises sont de plus en plus impactées. » Pour autant, les études de Bpifrance le Lab constatent que le sujet n’est pas encore identifié comme une priorité par les dirigeants.  

Un concept émergeant

Le concept d’adaptation est en fait en train d’émerger. « Être adapté, cela signifie être en mesure d’absorber les impacts du changement climatique en prenant en compte le fait que ce dernier va évoluer », précise Kim Tworke. En 2025, l’État a adopté son troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) qui concerne aussi le monde économique. 

Les chambre de commerce et d’industrie (CCI) ont accompagné quelques centaines d’entreprises dans la réalisation de ClimaDiag Expert, un diagnostic des risques adapté aux  PME qui est le premier pas de toute démarche en la matière.  Toute l’entreprise (process, bâtiments, incidents passés… ) est passée au crible. Les informations sont ensuite croisées avec les projections climatiques locales, à horizon 2050 et 2070. « Cela devient un outil stratégique de pilotage », assure Laurianne Hoarau.

« Ce n’est pas un gain, c’est une perte que l’on évite »

Julien Rohmer, président d’Atalu (une quarantaine de salariés, un chiffre d’affaires entre 6 et 7 millions d’euros) a témoigné de sa démarche pionnière. Lui a réalisé un diagnostic dès 2021. À la base, des motivations multiples : éthiques, avec la naissance de sa fille, entrepreneuriales, avec la prise de conscience de l’impact croissant des aléas climatiques sur son activité. 

Le diagnostic lui a permis d’identifier des vulnérabilités, dont l’alimentation électrique, sujet sensible pour cette entreprise située près du Rhin. « Dès que l’on fait des travaux dans le bâtiment, on en profite pour remonter le réseau électrique, fixer les prises à un mètre du sol. Nous ne faisons pas tout en une fois, car nous n’avons pas les ressources pour le faire »,  explique l’entrepreneur. Il prévient : « L‘adaptation, ce n’est pas un gain, c’est une perte que l’on évite ».

Toutefois, un changement se dessine. De plus en plus, les interlocuteurs des PME imposent leurs exigences en matière d’adaptation. À commencer par les banquiers, par obligation légale, et les assureurs… dont le modèle économique est fortement impacté par les changements climatiques.

Anne Daubrée