Table ronde sur les défaillances d’entreprises

18 décembre 2009 – Les défaillances d’entreprise, en baisse courant 2009, sont restées importantes pour les PME les plus vulnérables. Les procédures de sauvegarde ont connu un boom cette année-là, et les dirigeants ont fait le choix de l’anticipation dans la gestion de leurs entreprises.

Intervenants

Thierry Millon, directeur des études, Altares

Christophe Thévenot, administrateur judiciaire, président de l’Association syndicale professionnelle d’administrateurs judiciaires (ASPAJ)

Olivier Perroud, expert-comptable chez Exco Socodec

Christophe-Thevenot

Christophe Thévenot

Portrait-robot des PME les plus vulnérables

Selon les derniers chiffres d’Altares commentés par Thierry Millon, directeur des études, les défaillances d’entreprises, après avoir atteint début 2009 des pics historiques comparables à ceux de 1992, se sont nettement améliorées sur les mois d’octobre et de novembre 2009, laissant augurer une situation « mieux orientée » en 2010.

Il a dressé un « portrait-robot » des PME les plus vulnérables en 2009 : celles qui comptent de 50 à 99 salariés (elles affichent une augmentation du nombre de défaillances de plus de 80 % par rapport à l’année 2008), âgées de moins de 3 ans (+ 26,9 %) ou de plus de 51 ans (+ 12,9 %), dont l’activité relève de l’industrie (+ 25,8 %), de l’immobilier (+ 33,7 %) ou de la finance (courtiers d’assurance, financement…, + 35,4 %).

Nouvelles prirorités pour les patrons de PME

Le « boom » des procédures de « sauvegarde » pendant cette année 2009 a également été évoqué. Cette procédure, qui permet à un chef d’entreprise de venir se placer sous la protection du juge avant d’être en état de cessation des paiements, et ainsi de geler ses dettes, a en effet augmenté en 2009, selon Altares. Elle a cru de + 180,4 % dans le bâtiment et de + 185,4 % dans les services aux entreprises.  « Ce succès s’explique par le fait que les dirigeants savaient qu’ils ne parviendraient pas à faire face à une baisse de leur chiffre d’affaires de 30 ou 40 %, a argué Maître Christophe Thévenot, président de l’Association syndicale professionnelle d’administrateurs judiciaires. Dans un contexte « hors crise », ils auraient attendu le retournement.  Dans le contexte de crise de 2009, ils savaient qu’ils n’auraient pas le temps de se restructurer, et ont fait le choix de l’anticipation. »

Une anticipation qui s’est également traduite, chez les patrons de PME, par un meilleur suivi de la gestion de leur entreprise. C’est ce qu’a expliqué Olivier Perroud, expert-comptable chez Exco Socodec. « Les patrons de PME vivaient jusqu’alors dans une abondance financière, et ont du se recentrer sur de nouvelles priorités, au premier rang desquelles le cash », explique-t-il. Mise en place d’indicateurs sur les retours de rentabilité, actions sur le besoin en fonds de roulement (BFR), sécurisation de la relation fournisseurs … Rien n’a été laissé au hasard.