Rencontre avec François Asselin, président de la CPME

L’AJPME a reçu jeudi 19 septembre François Asselin, président national de la CPME. Etaient présents également à ses côtés : Bénédicte Caron, vice-présidente chargée des affaires économiques, Éric Chevée, vice-président chargée des affaires sociales et formation de la CPME et Anne-Victoire Chaumet, responsable de la communication.

François Asselin dirige l’entreprise Asselin SAS, PME familiale implantée dans les Deux-Sèvres, à la Réunion et aux Etats-Unis. Spécialisée dans la restauration de monuments historiques et de bâtiments anciens, l’entreprise a notamment participé à la construction de la réplique du navire historique l’Hermione.  Il préside la CPME depuis janvier 2015 pour un mandat de 5 ans, mandat qui sera donc remis en jeu en 2020.

Retraites : une réforme nécessaire

Au cours de cet entretien, différentes thématiques ont été abordées. En premier lieu, la réforme des retraites : François Asselin ayant été reçu par Edouard Philippe le 6 septembre dernier à ce sujet. Pour la CPME, cette réforme est nécessaire, pour autant la retraite doit rester une promesse pour les actifs d’aujourd’hui.  « Le projet du gouvernement de regrouper les 42 régimes spéciaux actuels pour aboutir à un régime universel est un travail gigantesque, peut-être trop ambitieux », déclare-t-il. La CPME propose plutôt un premier étage à caractère universel, le régime de base, et un deuxième étage complémentaire pour chacune des trois grandes catégories d’actifs (salariés, indépendants/professions libérales et fonctionnaires).

Deuxième sujet : le projet de réforme du paritarisme. « Nous voulons remettre les partenaires sociaux au centre du jeu à condition d’être en responsabilité », énonce François Asselin, qui s’interroge cependant sur leur rôle : « Avons-nous été efficaces ? ». Son constat :  beaucoup de salariés ne comprennent pas vraiment l’offre syndicale. Dans les PME, chacun est plutôt occupé à faire tourner l’entreprise plutôt qu’à participer au bien commun.

Loi Pacte : aller plus loin

Quant à son avis sur la loi Pacte,le président de la CPME estime que c’est une bonne loi. « Pour la première fois, on n’a pas de nouvelles obligations, ni de nouvelles normes. En revanche, il y a beaucoup de mesurettes, il faudrait aller beaucoup plus loin dans un certain nombre de domaines ». Pour la CPME, le fait de supprimer le forfait social va dans le bon sens, en revanche elle est réservée sur le caractère facultatif du SPI (stage de préparation à l’installation) pour les artisans.

A propos de la réforme de l’Assurance-chômage et de l’instauration du bonus-malus sur les contrats courts, François Asselin rappelle son opposition à cette mesure, soulignant qu’il s’agit d’un sujet très compliqué.  De façon plus générale, il souhaite que la France décroche de sa première place de de la pression fiscale en Europe. « La fiscalité sera plus compliquée pour les entreprises en 2020, avec la fin du CICE », précise-t-il.

Redéfinir le statut de cadre

Le statut du cadre a également été évoqué. 40 % des cadres (entre 3 et 4 millions de personnes) étant dans les PME. « L’objectif est que les partenaires sociaux se mettent d’accord sur la définition du cadre en évitant d’en faire une contrainte forte dans le code du travail ».

Pour conclure, François Asselin souhaite faire passer un message : « Dirigeants de PME, nous avons toujours l’envie d’entreprendre et d’aller de l’avant, mais beaucoup d’entreprises ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin alors que nous avons 3 millions de chômeurs… c’est pourquoi nous misons beaucoup sur la formation », explique-t-il, souhaitant faire de ce sujet un véritable cheval de bataille. L’organisation des World Skills (Olympiades des métiers), dans 4 ans à Lyon, devrait être l’occasion de relever ce défi.

Sophie Mensior