Table ronde Recruter et fidéliser les jeunes dans les PME

Le 8 octobre 2019, l’Ajpme a organisé une table ronde sur le thème : Recruter et fidéliser les jeunes dans les PME

Intervenants :

Philippe Mutricy, co-fondateur de Bpifrance Le Lab, directeur des études et de l’évaluation de Bpifrance,

 Elsa Groschaus, responsable du marketing chez Welcome to the Jungle,

Luc Pallavidino, CEO et cofondateur de Yousign

Christophe Amouroux, président de Twelve Consulting.

D’un côté, la génération Z, dépeinte comme prompte à zapper, à aller voir ailleurs si elle n’est pas satisfaite… En quête de valeurs, d’équité et de reconnaissance dans le monde du travail, elle a aussi des convictions environnementales. De l’autre, des PME, qui s’avèrent peu attrayantes aux yeux des jeunes, lesquels se tournent plus volontiers vers les start-ups. Comment concilier leurs intérêts et les faire se rencontrer ?

Valoriser l’image de l’entreprise

Philippe Mutricy (Bpifrance) le confirme : 1 PME sur 2 a des difficultés de recrutement, ce qui entrave leur croissance, et seulement 9 % des jeunes souhaitent commencer leur carrière dans les PME. Bpifrance le Lab a réalisé une étude sur le sujet « attirer les talents dans les PME », et publié un guide « marque employeur » à destination des dirigeants de PME afin qu’ils valorisent l’image de leur entreprise pour mieux recruter. Autre dispositif visant à inciter les étudiants à s’orienter vers les PME : le VTE (Volontariat territorial en entreprise). Avec ce contrat, ils ont la possibilité de découvrir, pendant un an, le tissu entrepreneurial des territoires.

Ludovic Pallavidino, CEO et co-fondateur de la société Yousign (signature électronique) livre son expérience et ses méthodes de travail.  Créée il y a 6 ans, la société compte 35 personnes, d’une moyenne d’âge de 30 ans, avec pour objectif de doubler les effectifs d’ici 2020. « Basés à Caen, nous sommes flexibles dans la façon de travailler et nous essayons d’être transparents sur les salaires notamment, explique-t-il. Ce sont des valeurs qui résonnent bien chez les jeunes ». Ainsi, il n’y a pas d’horaires fixes, le télétravail est possible -un tiers des salariés le pratique- avec des réunions régulières de toute l’équipe, à Paris ou à Caen. Par ailleurs, la société n’oublie pas de travailler « sa marque employeur » sur les réseaux sociaux. Pour recruter, elle a embauché une Talent Acquisition Manager.

Besoin de liberté, de diversité et quête de sens

De son côté, le cabinet de conseil Twelve Consulting ne tient pas un discours spécifique envers les jeunes mais met en avant un modèle de valeurs. « Nous n’avons pas trop de problèmes pour recruter et notre turn-over est faible », précise Christophe Amouroux, son président. Moyenne d’âge de ses équipes : 30 ans. Ce qu’il constate : cette population a besoin de liberté, de diversité et de variété des sujets et de donner du sens à ce qu’elle fait.

Twelve Consulting s’est adapté à ces demandes : il y a peu de règles, peu de processus, chacun décide de ses horaires. « Chaque consultant consacre 20 % de son temps à travailler sur d’autres missions », indique Christophe Amouroux. Ce modèle semble bien fonctionner mais son président s’interroge sur l’avenir : « qu’allons-nous faire quand nous allons grossir… ? »

Quant à Elsa Goschhaus, responsable du marketing chez Welcome to the Jungle, plate-forme de recrutement, elle estime qu’il ne suffit pas de mettre un baby-foot dans son entreprise pour attirer des jeunes mais qu’il faut montrer ses valeurs. Pour elle, le premier point clé, c’est d’avoir un site « carrières ». « Encore trop d’entreprises n’ont pas de site Internet ou en ont un peu attrayant… », déplore-t-elle. Autres conseils :  répondre à tous les candidats, leur faire visiter les locaux, les accueillir dans de bonnes conditions, les recevoir à l’heure… Des marques d’attention qui pourront répondre à leur quête de sens au travail et façonner une bonne image de l’entreprise… Le salaire n’étant pas leur première priorité…

Sophie Mensior